La nouvelle la plus lue de tous les temps sur les sites Internet de la BBC : A man is force to mary a goat. Si on suit la logique de la popularité comme barême lors des choix éditoriaux, il n’y aurait que du « people », de l’insolite, de la violence et du sexe en information. Tiens, j’ai déjà vu ça quelque part.
- En radio, il demeure difficile de connaître rapidement l’auditoire pour un segment de programmation en particulier;
- En télévision, les auditoires sont parfois calculés aux 15 minutes;
- Sur Internet, on connaît en temps réel le nombre de clics et le nombre de pages vues sur les sites d’information.
Vous pouvez en tirer vos propres conclusions.
La popularité est devenue le facteur principal lors du choix de la nouvelle. S’il ne génère pas de bonnes cotes d’écoutes, un ministre ennuyeux et peu télégénique risque de ne pas revenir en onde, malgré sa pertinence. Les dirigeants du secteur de l’information choisissent la nouvelle en fonction de sa popularité potentielle, de ce qu’ils croient que nous voulons entendre.
Populaire et important ne sont pas synonyme, et se baser sur ce que le public est « susceptible » d’aimer, sur ce que nous voulons savoir, sur ce avec quoi nous sommes déjà familier, dans le but d’augmenter la cote d’écoute, est une fausse piste de solution. La question qui prévaut demeure : est-ce une information qui aide le citoyen à prendre une décision éclairée?
« If all you do is give us what you think we already know we want, we will in the end, desert you. » Steve Hullet, media specialist, BBC 4
Ainsi, si les dirigeants se basent toujours sur ce que nous avons consommé pour innover et explorer l’information, s’ils en font un spectacle et un concours de popularité, nous déserterons. Et c’est précisément ce qui se passe avec les télévisions généralistes.
Mais encore…
Paul Cauchon, dans son éditorial du samedi 21 janvier parle du mode financement de la BBC. Un radiodiffusion publique sans pub, payée par une cotisation directe à même les impôts, non tributaires des changements de gouvernement. Ainsi, la radiodiffusion publique ne s’accapare plus une pointe de tarte publicitaire. Plus aucune raison pour le privé de se plaindre, et plus de raison d’assister à “popularisation” de la programmation en ondes.
Sarkozy propose la même chose pour la France, entre autre avec le projet de France-Monde, sans pub.
À vous de choisir. Des vrais nouvelles ou l’homme qui marie sa chèvre, encore et encore, et encore.