L’écrivain et dramaturge français Éric Emmanuel Schmitt lançait à peu près cela, lors de son entrevue à l’émission Contact.tv :
« Depuis l’antiqué, du point de vue de la technologie, l’humanité a fait des avancés extraordinaires. Mais du point de vue de la morale, on n’a pas beaucoup progressé depuis les Grecs. »
Moi à qui on a dit qu’il n’y avait plus rien à dire, car tout avait été dit; qu’il n’y avait plus rien à écrire, puisque tant de génies avaient si bien écrit; voilà que du point de vue de la morale, tout devait être redit, tout devait être réécrit, à chaque génération, pour chaque individu.
À chaque instant, l’humanité doit collectivement se rappeler ses acquis et décider de la direction à prendre. Chaque citoyen est responsable de convaincre ses semblables, de partager son savoir, de questionner nos actes, car notre mémoire collective est une faculté qui oublie, rapidement.
J’écris :
- Parce que les mots demeurent le meilleur moyen d’appréhender une réalité qui m’échappe;
- Parce que, pour citer André Malraux : « Un homme est la somme de ses actes. Rien d’autre. » La Condition humaine.
- Parce qu’à chaque minute des gens meurent, faute de notre intelligence individuelle et de notre stupidité collective;
- Parce qu’à chaque jour, je consomme une tonne de médias qui me laissent toujours avec cette question: « Oui? Mais encore? »
Cadrage:
Je m’intéresse à ce que l’écrivain et journaliste Arthur Charity nomme le «public journalism», ou «journalisme citoyen». Dans son livre Doing public journalism (1995), Charity définit le journalisme citoyen comme étant :
« What would make it as easy as possible for citizens to make intelligent decisions about public affairs, and to get them carried out.»
Un journalisme qui contribue à la capacité des citoyens de faire des choix éclairés dans le domaine des affaires publiques et qui permettrait leur mise en place.